Pascalito.

Maxine c’est toi ? Tu te souviens Maubuisson ? L’atelier ?

Heu oui ?

Moi c’est Pascal, je m’occupais des percus et toi de la danse ; tu te souviens on appelait ça ”l’expression corporelle”, moi qui comptais sur mon charme de musicien, tu m’avais complètement ignoré, tu t’en souviens ?

Ça y est, bien sûr, désolée, mais je t’assure : je ne t’avais pas ignoré. Je n’avais rien vu, pas compris. Tellement concentrée par mon travail. Mais ça fait un bail ! Que fais-tu à Paris ? 

Ben toujours dans la musique ; on fait une tournée et on joue ce jeudi ; tu viendras nous voir ? Ça me ferait plaisir, vraiment,

Ok, à jeudi, au moins tu n’es pas rancunier,

Heureusement pour moi, ce serait dommage de rester bloqués sur le passé !

Sur ce je m’éclipse et fouille dans ma boîte à souvenir… Année 1985, 86 ? C’est étrange comment notre cerveau fonctionne. Il suffit d’un mot, un visage et un pan de notre vie réapparaît. Les images s’animent, les sons, les odeurs… Les émotions. « Pascalito » c’est le surnom que je lui avait donné. Je l’aimais bien. Nous avions passé plusieurs mois à travailler ensemble. Il était arrivé en soutien pour l’été dans ce centre et avait fini par rester et faire partie intégrante du programme pédagogique. Il ne se contentait pas de jouer pour nous accompagner, il poussait les enfants à participer, à créer leurs propres sons et mélodies pour ”s’articuler” dessus, avec. J’appréciais sa sensibilité discrète mais certaine. Son implication dans l’évolution du projet, les progrès des enfants. Je me souviens aussi de longues discussions le soir après dîner. Des réflexions s enflammées sur tel ou tel sujet. Je me souviens surtout que je ne tenais jamais bien longtemps. Je m’endormais très vite.

Je me rend compte aujourd’hui, que lui non plus je ne l’ai pas vu. Comme la plupart des hommes que j’ai croisés durant toutes ces années. Comme si je portais des oeillères. C’est un peu comme si je m’étais interdit d’ouvrir certaines portes. Persuadée que j’avais d’autres choses à faire. À force de cloisonner mes fonctions, mes actes, mes amis pour me protéger et les protéger, je me suis cloisonnée moi-même comme une grande. Dans une tour d’ivoire qui à présent me donne le vertige. 

Effectivement j’avais des raisons. Des raisons ou des prétextes pour mieux me planquer ? Mais il est vrai que j’ai vécu tellement d’expériences différentes et exaltantes ! Je ne sais pas si j’aurais pu agir de la sorte si j’avais choisi la voie du couple. Au niveau professionnel j’entends car sinon il est dit qu’à deux c’est mieux ! Et pour l’avoir vécu à un moment donné dans ma vie, je veux bien le croire. Mais Ça c’est une autre histoire…

A propos schizolucide

Pétrie de paradoxes, personnalité à multiples facettes j’ai traversé une grande partie de ma vie d’une traite. En apnée. Nous sommes tous en sursis et j’ai envie de le partager avec vous au travers de mes personnages fictifs ou non qui sont parfois dans le flou le plus total…Bref nous aurons peut-être l’occasion de partager nos expériences si tu veux bien à travers ce blog.
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