Latittude zéro

 

À l’heure où je devrais m’agiter dans l’émulation d’un début d’année, mon corps et mon cerveau se sont ligués contre moi. Clouée au fond de mon lit, l’esprit englué par la fièvre je me  sens l’énergie d’un mollusque…

Allez savoir pourquoi je me revois en plein trek dans le Yunnan tel un âne refusant obstinément de faire un pas de plus, essoufflée à m’en faire péter les poumons, au bord de l’arrêt cardiaque avec une amie près de moi m’expliquant avec patience pourquoi je ne devrais pas abandonner le groupe suivi d’un discours sur l’éloge de l’effort, du dépassement de soi… Je devais prendre sur moi et continuer l’aventure. Soi dit-en passant je n’ai rien contre l’aventure mais je ne l’envisageais pas de cette manière. De plus elle m’apprend qu’ils ont tous pris leur pilules contre le mal des montagnes à ma grande surprise : c’est quoi cette histoire de pilules ? 

Quoiqu’il en soit j’étais bien obligée de prendre une décision car nous étions trop loin pour faire marche arrière avant la tombée de la nuit et à moins de camper au milieu de nulle part à plus de mille huit cent mètres d’altitude sans le matériel adéquat… Je devais marcher. 

Sauf que plantée là au milieu de l’ascension de cette montagne j’étais prête à crever sur place plutôt que de faire un pas de plus. Non en fait je n’avais pas envie de mourir mais je ne voulais ni ne pouvais faire un pas de plus. Le genre de situation sans issue, votre tête vous dit : il faut ! Mais votre corps ne peut plus. Alors j’ai invoqué un miracle sans trop y croire. Pas à haute voix, non. Je regardais autour de moi, au ciel comme sur la terre alentour et tout d’un coup mon regard se pose sur un petit cheval qui tranquillement, broute. Le voilà mon miracle ! Tandis que je m’avance vers lui d’un pas décidé, un paysan se rapproche et par signes m’explique que je ne peux pas monter sur son cheval. Finalement avec le langage des mains et un dessin dans la terre, je finis par comprendre que c’est juste parce qu’il n’a pas de selle. Bref j’ai terminé cette partie du chemin en montant à cru ce petit cheval alors que je n’en avais jamais fait de ma vie. Ce fut dernier mon dernier jour de trekking ; et c’est avec un énorme soulagement que j’ai abandonné le groupe et suivi ma propre aventure.

La situation me semble similaire aujourd’hui dans la mesure où je suis entrain de capituler au fond de mon lit cette fois, et qu’on me demande encore de prendre des pilules. Que je refuse toujours. Il faudrait que j’avance mais différemment. Comment ? Là est la question… Et dans la mesure ou je me pose cette question, la solution ne doit pas être bien loin. Je sais que je vais me relever. Je me relève toujours. 

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A propos schizolucide

Pétrie de paradoxes, personnalité à multiples facettes j’ai traversé une grande partie de ma vie d’une traite. En apnée. Nous sommes tous en sursis et j’ai envie de le partager avec vous au travers de mes personnages fictifs ou non qui sont parfois dans le flou le plus total…Bref nous aurons peut-être l’occasion de partager nos expériences si tu veux bien à travers ce blog.
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