Rêve 1

Le bruit des pas se rapproche. Je me retourne : rien. Pourtant je suis certaine d’être suivie. Mais non, encore une de ces illusions. Après toutes ces années je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui déclenche ces peurs paniques. Car heureusement, je n’en ai pas tout le temps. Non c’est irrégulier. En général c’est durant mes périodes d’insomnies. Il suffit d’un rêve étrange et ensuite cette impression fugace me suit toute la journée et dans ces moments là, la terre entière me semble hostile… et je reste cloîtrée chez moi.

Je conduis. Il est assis côté passager. Je lui demande de conduire, il ne préfère pas. La route est droite, mes paupières sont lourdes, je résiste au sommeil qui s’abat sur moi… Un choc me fait sursauter. un coup de volant, un oeil dans le rétroviseur, je me gare et je respire bruyamment, mon coeur bat la chamade. Descendre ou pas, constater l’étendue des dégâts… Je n’en ai pas vraiment envie. Mais il le faut.

Je contourne la voiture et me rends compte qu’en dehors du pare-choc avant droit enfoncé, tout semble « ok ». Je regarde au loin : ce doit-être les graviers placés sur la chaussée qui m’ont fait déraper. Heureusement je ne roulais pas vite.

Il n’est pas sorti de la voiture. Il me dit qu’on doit se dépêcher, qu’on ne doit plus être très loin. J’aperçois et prends un sentier qui monte en tournant qui nous mène dans un quartier résidentiel où se côtoient maisons et jardins sans clôture avec des peupliers dont les feuilles argentées dansent dans le vent.

On dirait un club de vacances mais non. Je me gare devant une maison dont le sol est rouge fraîchement lavé, la charpente est massive et sombre. Je sors un sac de voyage d’un placard et je tente de le remplir avec tout ce que j’y trouve et  je réalise soudain que je ne peux pas prendre tous les manteaux… Ça ne rentre pas.

Il est pressé, ne dit pas un mot. Il veut déjà repartir.

Une femme entre dans la pièce avec un tout petit garçon. Il les dévisage et se fige. Puis il s’avance lentement vers eux et prend cet enfant dans ses bras en le serrant si fort qu’il manque de l’étouffer. Pas un regard pour elle, ni pour moi. Il le repose au sol et sort de la pièce. Je le suis du regard, il ne se retourne pas.

L’enfant c’est moi. Je le regarde partir. Je suis le garçon qu’il a toujours espéré… Et que je ne suis pas.

 

A propos schizolucide

Pétrie de paradoxes, personnalité à multiples facettes j’ai traversé une grande partie de ma vie d’une traite. En apnée. Nous sommes tous en sursis et j’ai envie de le partager avec vous au travers de mes personnages fictifs ou non qui sont parfois dans le flou le plus total…Bref nous aurons peut-être l’occasion de partager nos expériences si tu veux bien à travers ce blog.
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