Entre deux…

Dans le brouhaha rassurant de cette brasserie où je viens prendre tous les jours mon café matinal j’essaie de rassembler mes pensées. 

Moi qui ai toujours eu des avis tranchés sur tout, me voici engluée dans l’incertitude, oscillant entre deux jobs, deux trains, deux hommes, deux avions, deux destinations ; et pour la première fois depuis longtemps, je ne sais que choisir. Ou plutôt je n’ai pas envie de choisir… C’est comme si j’avalais tout ce qui est sur mon passage, portée par la roue du temps qui m’intimerait que la date butoir arrive à grands pas et qu’il n’est plus question de trancher ni de se perdre dans de vaines conjonctures existentielles : prendre tout ce qui vient.

Cependant je prends encore des décisions ou des choix qu’il ne me serait pas venu à l’idée quelques années plus tôt, entravée que j’étais par des responsabilités familiales, des conventions sociales et autre étiquettes que je m’imposais de respecter afin de préserver mon fils et les hommes que j’ai aimés. Parlons en de ceux là, d’y penser me fais sourire…

Je ne sais pas encore si c’est le fait d’avoir atteint un certain âge ou de vivre seule et de n’avoir plus la responsabilité de mon fils qui est aujourd’hui un homme, qui me pousse à agir de la sorte ; une crise d’adolescence refoulée qui me rattraperait des années plus tard ? Ou tout simplement cette maturité qui vous affranchie de tout ?

Le fait est qu’aujourd’hui, n’avançant plus dans l’urgence, je m’étonne de chaque jour qui passe avec son lot de surprises. Plus que jamais je me rends compte de ce que signifie le mot «instant». Je bascule d’un instant à l’autre. Ce simple mot qui multiplié, illustre le temps qui passe. Une vie. Une vie de chaque instant…

– Tiens salut toi !

– Bonjour John !

– un café ?

– Non merci j’en suis à mon troisième, une orange pressée s’il te plaît,

  • Ok, ça promet !

Un café et une orange pressée criés à la cantonade et John le plus naturellement du monde me prend la main, l’embrasse et me lance un de ses regards charmeurs de papier glacé… Depuis que sa fille vit avec lui, notre relation s’est enrichie ; Il s’intéresse beaucoup plus à la psyché féminine et son inquiétude paternelle est touchante, lui si désinvolte et moqueur d’ordinaire. Bien sûr il me l’a confie lorsqu’il part en mission… Oui je n’ai pas su lui dire non même si au départ ce n’était pas du tout prévu comme ça. Nous ne sommes pas vraiment ensemble mais ne pourrions nous passer l’un de l’autre ; nous rions de nos petits malheurs, de nos égarements, de nos mésaventures ; nous sommes terriblement complices ; cette amitié amoureuse est bien pratique en fait. Je suis sa femme passerelle, il est mon «entre deux», mon sas de sécurité. Là je sais qu’il va me demandait un service, j’en souris d’avance. nous sommes tellement prévisible l’un pour l’autre que c’en est bluffant !

  •  C’est quoi le programme aujourd’hui ? promenade boulevard des grimaces, dégustation dans le labyrinthe de nos casseroles ou piquenique dans le parc des optimistes ?
  •  Evasion vers le paradis de nos envies !
  • Mais c’est que madame serait de bonne humeur ce matin ?
  • Je peux la jouer en solo si tu m’asticotes..
  • Avale ton jus et prend tes affaires on file, j’ai une super idée !

Au point où j’en suis je précède John, toujours aussi enthousiaste, lui demandant toutefois un crochet par chez moi pour chausser d’autres sandales: avec lui je sais que je vais traverser la ville de long en large…

  • Au fait tu fais quoi cette semaine ?

On y vient …

  • Tu veux dire pendant ces vacances scolaires de quinze jours ?
  • Ben oui en fait, je me demandais si …
  • Te fatigues pas, Céleste est la bienvenue même si je compte travailler durant ces vacances scolaires, elle pourra venir si elle veut. Mes gamins ont le même âge qu’elle,
  • Pas d’entourloupe hein ?
  • Comment ça ?
  • Ben oui tes cas sociaux j’en veux pas pour ma fille,
  • Dis donc t’es qui toi pour juger mes élèves ? c’est toi le «cas soss»
  • Tu veux dire nous !?

Il sourit, message reçu, c’est entendu je prendrai soin de sa fille chérie… Pour l’instant détente et déambulation joyeuse dans la ville !

 

A propos schizolucide

Pétrie de paradoxes, personnalité à multiples facettes j’ai traversé une grande partie de ma vie d’une traite. En apnée. Nous sommes tous en sursis et j’ai envie de le partager avec vous au travers de mes personnages fictifs ou non qui sont parfois dans le flou le plus total…Bref nous aurons peut-être l’occasion de partager nos expériences si tu veux bien à travers ce blog.
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