Réminiscences

Ce n’est pas forcément celui qui reste qui est le plus malheureux… Faire le choix de partir est bien plus complexe et douloureux qu’on ne le pense. Du début à la fin d’une relation on est toujours deux, imbriqués l’un dans l’autre dans les événements. Même si on s’en défend, même si on croit garder une certaine distance. L’attitude de l’un est interactive sur le comportement de l’autre. 

Depuis toi, je suis devenue une handicapée des mots d’amour. Je ne peux plus les entendre. Je n’en ai plus jamais prononcé. Dernièrement en rangeant ma cave je suis tombée sur un carton de déménagement que je n’avais pas touché. Il contenait des papiers de nous. J’ai brûlé toutes tes lettres et déchiré nos photos. Vestiges d’un passé qui est encore présent. Les photos de famille me font toujours pleurer. Je n’ai rien gardé.

L’autre jour, ta femme m’a appelé car tu n’étais pas bien. Elle m’a demandé de te téléphoner. Je l’ai fait. Tu allais mieux lorsque j’ai raccroché. J’ai été transporté très loin dans le temps. Elle m’a rappelé pour me remercier. De rien, lui ai-je répondu. 

Je serais toujours là pour toi. Même à des milliers de kilomètres. Il en a toujours été ainsi.

On se disait qu’on s’aimerait toujours…  Tous ces mots chuchotés maintes fois, intensément, sans se lasser… Même séparés, même remariés, ils sont toujours là, gravés. Comme un tableau qu’on caresse du regard, mais dont la texture reste inerte sous le contact de nos doigts… Mais ce tableau reste là dans le couloir.

Je n’arrive pas à me sortir de toi… Alors je vis avec. C’est sans doute pour cela que je ne me sens pas seule depuis toutes ces années et que plus jamais personne ne me manque…

le grand sommeil

Nos années de délices… Tu m’avais offert ce Cd avant de partir pour un de tes voyages. Te souviens-tu ? Tu me donnais toujours un truc avant de partir : un objet, une histoire, une musique, un vêtement… Comme un lien qu’on déroulait ensuite ensemble. Nous passions des heures au téléphone tard dans la nuit. Parfois tu étais sur la plage, dans des fêtes où ailleurs, et tu me racontais… Nous étions toujours ensemble, même séparés.

A propos schizolucide

Pétrie de paradoxes, personnalité à multiples facettes j’ai traversé une grande partie de ma vie d’une traite. En apnée. Nous sommes tous en sursis et j’ai envie de le partager avec vous au travers de mes personnages fictifs ou non qui sont parfois dans le flou le plus total…Bref nous aurons peut-être l’occasion de partager nos expériences si tu veux bien à travers ce blog.
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2 commentaires pour Réminiscences

  1. Sam Lowry dit :

    C’est un texte magnifique, vraiment…. Personnellement, j’y trouve une source d’espoir infini, comme si on m’avait fait la démonstration qu’il y a des histoires où rien ne meurent, où malgré le temps, la distance, les chemins divergents, il reste toujours quelque chose de vivant, de fort, de beau, quelque chose qui nous habite et nous porte… Oui, c’est une véritable inspiration de savoir que cela existe, que c’est possible….

    Et c’est drôle comment Daho colle parfaitement à ce genre de sentiments.

    • bunkerdeglace dit :

      Merci. Heureuse que cela représente pour toi « une source d’espoir infini » car Oui ça existe, Oui c’est possible… Good vibes Sam
      Ensuite on aime d’autres personnes … Mais différemment.
      Quant au Cd de Daho, je me demande si je ne devrais pas le jeter aussi… Sourire

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