Je t’ai quitté.Tu es partout…


Quelques jours encore dans cette ville, et le plaisir de prendre à nouveau le train … Je ne me lasse pas de ce paysage qui défile, avec en ce moment les champs de colza qui rayonnent sous le soleil. Cela me change des longs courriers où lorsque tu as embarqué, tu es coupé de l’extérieur jusqu’ à l’arrivée. Bien sûr je pourrais regarder la mer de nuages à travers les hublots, mais la plupart du temps ils sont fermés. Au moins douze heures de vol à chaque fois ! Je ne fais pas les choses à moitié…

Dans le premier la nature est complice de tes préoccupations, dans le second, tu es livré à toi-même. Du temps volé au temps, rien que pour toi. Une pause dans les cieux, vraiment loin de tout, le temps comme suspendu. Avec le train, c’est le fil de tes pensées qui défile, mais tu restes ancré dans une réalité. C’est un peu comme si je regardais le film de ma vie en version accélérée.

Ces déplacements me procurent l’évasion, la respiration nécessaire pour y voir plus clair. Une halte forcée entre deux chapitres. Ces instants-là me sont précieux. Ils m’enrichissent en m’apportant l’élément extérieur  qui parfois me manque… Le puzzle se met en place. J’adore ces moments-là.

Prendre de la distance, lâcher prise pour arriver à voir les choses sous un autre angle… Parfois je me perds dans mes pensées. Après avoir passé en revue le programme qui m’attend et fait un tour sur mon quotidien que je laisse sur le carreau pour un temps, je reviens toujours au même point. Toujours le même : je me complais à imaginer la suite de ce qu’aurait pu être ma vie si je n’avais pas décidé de disparaître sans un mot, un beau jour d’automne.

« Un beau jour d’automne »comme c’est vague et romantique ! C’est surtout parce que j’ai tellement eu mal, que j’ai oublié. Je ne me souviens plus de la saison. Un jour j’étais sur le quai d’une gare et j’ai regardé un train partir… Jusqu’à ce qu’il devienne un tout petit point… Je devais le prendre et je lui ai tourné le dos avec mon billet froissé dans la poche, la mort dans l’âme. Je suis rentrée chez moi, j’ai arraché la prise de téléphone. Je ne voulais pas rester prostrée là à côté, à attendre un appel hypothétique, parce que c’est ce que j’aurais fait. Je déteste attendre. Pour plus de sûreté j’ai même déménagé et me suis noyée dans le travail. Ah les bienfaits du travail ! Véritable exutoire, un alibi en béton.

  • Alors tu viens ?
  • Non, je travaille !

Tu peux te planquer derrière, on ne te demande rien, on ne t’en veut même pas. Il justifie tout…

Voilà, des années ont passé et j’aime imaginer la suite quand j’ai du temps. Et je continue à prendre des trains, des avions. Comme si désormais, j’étais abonnée aux gares et aux salles de transit d’aéroports. Ces endroits sont devenus ma seconde maison. J’aime m’y perdre, m’y évader. Un jour j’y ai laissé une partie de moi-même et c’est comme si j’errais dans ces immenses halls pour la retrouver. Pour LE retrouver. Même si une autre histoire a pris place désormais. Cela m’est égal, cet amour est resté intact et m’accompagne partout. Aujourd’hui je sais que j’ai le temps… Parce que je ne cherche plus, je n’attends plus. J’aime tout simplement.

A propos schizolucide

Pétrie de paradoxes, personnalité à multiples facettes j’ai traversé une grande partie de ma vie d’une traite. En apnée. Nous sommes tous en sursis et j’ai envie de le partager avec vous au travers de mes personnages fictifs ou non qui sont parfois dans le flou le plus total…Bref nous aurons peut-être l’occasion de partager nos expériences si tu veux bien à travers ce blog.
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